Rezé entre dans la modernité

L’éclairage au gaz (1ère partie)

En 1866, la Compagnie européenne de Gaz reçoit l’autorisation d’installer des conduites souterraines afin d’éclairer la traversée de Pont-Rousseau. Depuis 1837, le « gaz de ville » est fabriqué à partir de la houille dans une usine située à Nantes, d’abord rue des Tanneurs puis à La Roche-Maurice (1937). En 1890, la route nationale 137 (rue J. Jaurès) et les établissements scolaires publics sont éclairés  jusqu’à Saint-Paul. L’inspecteur d’académie s’en félicite et écrit : « les becs à gaz placés dans les salles de classes rendent plus facile et plus intense l’éclairage des études, des cours d’adultes et des conférences ». Des « allumeurs », à vélo, se chargent d’allumer et d’éteindre les lanternes. Mais très vite, le gaz est concurrencé par l’électricité, plus pratique mais très cher. Aussi, pour des raisons budgétaires la municipalité continue à installer des réverbères à gaz. Pendant la Première Guerre mondiale, l’expansion du réseau de gaz est freiné et l’éclairage des rues est supprimé ou limité. La France manque de charbon.

L’éclairage électrique remplace celui au gaz

Affiche publicitaire. ©A.M.R

En 1925, face à la pression de la population, l’extension du réseau s’accélère. La municipalité obtient de la compagnie de gaz, 500 m de canalisations supplémentaires par an (le double des années précédentes) qui  lui permettent de desservir un grand nombre de lotissements et de villages. Pont-Rousseau avec 58 lanternes à gaz complétées par des lampes électriques, demeure le quartier phare en 1928.

À l’aube de la Seconde Guerre mondiale, des lampadaires à gaz équipés d’allumeurs automatiques à extinction illuminent encore le quartier Saint-Paul. Toutefois, l’éclairage passe inéluctablement à l’électricité tandis que le gaz sera employé pour la cuisine et le chauffage. A partir des années 1950, le gaz naturel remplacera le gaz manufacturé. Aujourd’hui, des maisons excentrées ne disposent que du gaz propane ou butane.

L’arrivée de l’électricité (2nde partie)Un démarrage difficile

En 1903, sous la pression des Rezéens, le maire, Ernest Sauvestre, accorde une concession de 30 ans à la Société nantaise d’éclairage et de force (bureaux et usine situés à Nantes – Lamoricière) afin d’établir un réseau électrique. Par sa proximité avec Nantes et ses activités industrielles et artisanales, Pont-Rousseau sera le premier quartier électrifié.

En ce qui concerne l’éclairage public, en 1914, la municipalité donne un accord de principe pour l’installation de quelques lampes électriques dans les différents quartiers et notamment au carrefour de Pont-Rousseau. Elle se rétracte en 1915 puis accepte en 1917. La guerre entrave toutes extensions significatives du réseau.

Une électrification accélérée

En 1920, la demande de cette nouvelle énergie est telle que le nombre de transformateurs s’est vite avéré insuffisant tout comme la production nantaise. Vers le milieu des années 1930, le réseau compte 40 km de lignes de basse tension et près d’une centaine de lampes de 150W éclairant les rues.

Pas encore suffisant pour les résidents des villages non desservis qui ne cessent de pétitionner. C’est donc sous la pression de la ville, que la Compagnie nantaise s’engage en 1927, à les satisfaire au plus vite. Pour sa part, afin de financer rapidement l’expansion du réseau qui lui incombe, la municipalité crée une souscription auprès des Rezéens, une taxe sur la consommation de l’électricité et oblige tous les nouveaux lotisseurs à inclure dans leurs cahiers des charges, le raccordement obligatoire aux réseaux de gaz et d’électricité.

Un réverbère au mur à gauche – ©A.M.R

 Cela ne signifie nullement que tous les habitants des villages bénéficieront de cette nouvelle forme d’énergie. Après la Seconde Guerre, certains d’entre eux, trop excentrés, se contenteront encore de lampes à huile ou à pétrole pour s’éclairer, et du bois ou du charbon pour se chauffer et cuisiner ; le coût des canalisations de gaz et des poteaux électriques, étant trop élevé, pour un nombre trop restreint de consommateurs.