ex rue Thiers, ex RN23, et ex chemin de Machecoul
Cette voie dessert le bourg de Rezé et le pays de Retz depuis l’Ancien Régime.
Aucune trace de la vicomté de Rezé à Pont Rousseau. Le plan Cacault de 1755 représente le carrefour de Pont Rousseau. A droite, vers le bas, la route de La rochelle, et le chemin de Machecoul commence à la chapelle Sainte Eutrope ; il est urbanisé jusqu’à l’embranchement du chemin du Port au Bled. La place de la Redonnière, ou Erdronnière, est déjà bien constituée. Jardins et cultures bordent ensuite les chemins ; les vignes sur le coteau en second plan. La chapelle de Bonne Vertu est implantée à l’embranchement du chemin vers le bourg de Rezé et les bourgs proches de la Loire : Les Couets, Bouguenais, La Montagne, Saint Jean de Boiseau, Le Pellerin. Le chemin de grande communication continue vers le château des Chalonnières des de Monti de Rezé, franchit le ruisseau entre les demeures nobles de la Jaguère et de la Trocardière et poursuit vers le Chaffault et le château de Bougon en direction du Pays de Retz.
Sous l’Ancien Régime, Machecoul est un centre tenu jusqu’en 1440 par Gilles de Rais, baron de Retz. Au XVIème siècle, la famille de Gondi, venue avec Catherine de Médicis, érige le territoire de Machecoul en duché.

Le 28 juin 1793, les Vendéens attaquent Nantes. De Charette avance sur Pont Rousseau, mais les Républicains tiennent la forteresse de Pirmil. Le faubourg est détruit à coups de canon et incendié. Le plan ci-contre présente en brun les zones détruites. Tout est à reconstruire. Une déviation de la rue dénommée ultérieurement Félix Faure est envisagée, avec éventration de la place de la Redonnière.
Ce plan oublie les 2 chapelles vues précédemment. Ce plan oublie surtout la nouvelle route de la Rochelle décidée par Louis XV en 1770 d’après Michel Kervarec. Entre le chemin de La Rochelle, dénommé rue du Puits Baron, puis Jean Fraix, et le chemin de Machecoul, dénommé rue Thiers, s’inscrit la nouvelle route de La Rochelle, dénommée rue Sadi Carnot. Ainsi sera reconstruit le faubourg comme nous le montre le plan cadastral de 1826.



Le faubourg s’étoffe au XIXème et début XXème. La circulation s’intensifie et les conseillers généraux ne la supportent plus en 1935

Les 2 plans ci-dessus montrent bien comment Pont Rousseau s’est étoffé en 100 ans. Depuis la fin de la guerre de 14-18, les pavillons diffusent sur tout le quartier. Des commerces de gros s’implantent dans les rues Félix Faure et Pont Rousseau; le tramway s’y faufile. La gare de Nantes Etat et les industries nantaises implantées dans les îles génèrent des transports d’hommes et de marchandises. Pont Rousseau est à la convergence de 6 nationales et devient un goulet d’étranglement. Le maire de Rezé ralentit la vitesse des véhicules.
Norbert Fleury, maire de Saint Colomban et conseiller général ne supporte plus d’être ralenti pour aller à la Préfecture : il fait un scandale au Conseil Général du 22 octobre 1934. Le projet ci-dessus est adopté le 6 avril 1935 sans l’accord du nouveau maire de Rezé. 150 commerçants pétitionnent. L’Etat s’engage et les expropriations démarrent avant 1939. Les remblaiements commencent jusqu’à l’arrêt décidé par les Allemands occupants. Voir article dans le n°87 des Amis de Rezé de janvier 2021.
Rue Thiers : 6 maisons disparaissent côté pair et 3 côté impair et une bonne dizaine sur la rue Sadi Carnot en 1940.
Au 2 rue Thiers, ou 38 rue Félix Faure, le pharmacien Michel Cormerais est exproprié, mais pas le reste du bâtiment qui est rue Félix Faure. Il reçoit 39 000f d’expropriation. Il va reconstruire au nouvel alignement. La famille est de 4 personnes en 1936.
Au 4 rue Thiers, résident Lucien Brossaud sabotier et son épouse avec leurs 2 enfants. En 1939, Mme veuve Brossaud perçoit 66 000f pour la maison et une bâtisse et Jules Brossaud 16 000f. Pendant la guerre, Mme Brossaud dresse des tréteaux à cet emplacement et tente de vendre tout le stock de sabots qui lui reste. En 1941, ils paient quelques droits.
Au 4 rue Thiers, Anatole Brondy est boulanger et réside là avec femme et 2 enfants. Il faut décocher la poulie et partir, avec 145 000f d’indemnisation. Pas de cote mobilière en 1941. Au recensement de 1946, Mme Brondy est à la boulangerie du 106 rue Thiers.
Au 6 rue Thiers, Raymond et Madeleine Bizé sont coiffeurs, propriétaires et perdent logement et commerce ; ils touchent 50 000f d’indemnité.
Au 8 rue Thiers, Alexandre Gillet est exproprié, avec 115 000f pour sa maison et un appentis. Il réside au 39 rue Thiers. Henri Launay jardinier y réside avec son épouse Marie couturière ; il reçoit 30 000f pour l’expulsion. Pas de photo de cette belle maison.
Au 10 rue Thiers, Mme Fonteneau est couturière, propriétaire de son logement et est exproprié avec 65 000f pour sa maison et la cour.
Au 12 rue Thiers, réside Donatien Caffin sans profession avec sa femme et un domestique. Les consorts Caffin doivent céder une cour et des appentis ; ils reçoivent 71 400f. En 1941, Maria Caffin paie 220f de cote mobilière. En 1946, Emile Caffin et sa femme y résident et déclarent comme profession propriétaires ; ils logent Maria Caffin et une bonne à tout faire, et 2 hommes locataires.
En face, au 1 rue Thiers, André Aubin est employé de commerce chez Foulonneau et sa femme Gabielle est débitante de boissons. Ils vivent là avec 2 enfants et leur père. Tout est détruit. Ils reçoivent 365 000f pour leur maison. Pas de photo.
Au 3 rue Thiers, Henri Gaborieau peintre est exproprié et reçoit 201 000f. Félix et Marcelle Yon locataires quittent les lieux avec une indemnité de 950f. Henri Boucher commis d’épicerie chez Joubert et sa femme Anna épicière sont expulsés comme Gabrielle Bienboire qui y est commerçante ; elle reçoit 22 000f.
Au 5 rue Thiers, Mme veuve Charier marchande de poissons et propriétaire est expropriée avec 56 500f.
Au 7 rue Thiers, Auguste Lefeuvre charcutier est partiellement exproprié : ses bâtiments qui ont leur entrée sur la rue Lamour seront en façade de la dent creuse de la nouvelle place Sémard. Il peut continuer à vivre là avec sa femme, ses 4 enfants, sa mère, sa belle-mère, un commis et un apprenti. En 1941, il paie 100f de cote mobilière et 12 autres propriétaires paient de petites sommes. En 1946, Auguste Lefeuvre et sa femme ont 8 enfants et logent toujours mère et belle-mère. En 1966, il propose ses volailles et son beurre.
L’avenue de la IVème République fait son entrée sur la place Sémard, à l’emplacement de ces bâtiments démolis. A côté de la pharmacie Cormerais, un bâtiment à 1 étage accueillera un magasin de chaussures GEP exploité par M Pohu, puis un commerce Domino’s Pizza. De l’autre côté, un immeuble se développe sur la rue Thiers et sur la nouvelle voie. Un commerce de vêtements féminins Caprice Féminin tient l’angle pendant longtemps avant qu’une assurance s’y installe. Le coiffeur Gérard Deniaud y commence son activité. Côté impair, la bijouterie Launeau occupe le rez-de-chaussée d’une maison R+2.
Jusqu’au carrefour avec la rue du Port au Blé, rue Julien Marchais, les maisons traditionnelles se succèdent.
Toutes les maisons du côté gauche en montant, du n°7 au n°51 ont 200 ans, reconstruites pendant l’Empire. Elles ont des balcons en fer forgé, des toits en ardoises.
Au 9 rue Thiers, côté gauche en montant, en 1936, réside Joseph Bouyer, maréchal ferrant, avec sa famille. Il paie 80f de cote mobilière en 1941. En 1946, le couple est toujours là et à côté 2 fils et leur petite famille ; Gilbert est serrurier et André est ouvrier charcutier.
Au 11 rue Thiers, côté gauche en montant, Victor Logeais et sa femme Marthe sont bouchers en 1936. En 1941, Jean Théguier boucher paie 80f de cote mobilière. En 1966, G Lemé vante sa longanisse et ses merguez et propose des plats cuisinés à emporter.
Au 13 rue Thiers, résident Clémence Richard avec sa fille couturière et Marie Richard avec son fils coiffeur. Madame veuve Richard paie 100f de cote mobilière. En 1946, Francis Général, expert industriel, y réside avec femme, 2 enfants et une domestique.
Au 15 rue Thiers, Alexandre Frémont est maçon, avec femme et fils. il paie 80f de cote mobilière en 1941. Ils ne sont plus que 2 en 1946.
Au 17 rue Thiers, Henri Besseau est tailleur ; sa femme Marguerite est épicière. Ils possèdent un vaste terrain qui rejoint la ruelle Henri Lamour. Henri Besseau paie 80f de cote mobilière comme marchand de pâtes alimentaires. Le couple est toujours là en 1946, avec leur fils Jean, tailleur et sa petite famille. Il est abonné au téléphone en 1955.
Au 19 rue Thiers, Joseph Tenaud est épicier avec sa femme Adèle. Il paie 120f de cote mobilière comme marchand de menue mercerie. Elle est seule épicière en 1946. Cette maison a pu être reconstruite et comporte des détails architecturaux intéressants ; voir photothèque
Au 21 rue Thiers, Ludovic Aubert est boucher avec son fils Gaston. Ce dernier est là en 1946, boucher avec une employée. En 1958, c’est Bernard Boudaud et son épouse, Marie-Thérèse, qui reprennent l’enseigne et jusqu’en 1996.
Au 23 rue Thiers, côté gauche en montant, Emile Thenaud est retraité et son fils est tourneur sur métaux au chômage. A côté sa sœur est avec un boulanger au chômage. Emile Théneau paie 120f de cote mobilière en 1941. Mme veuve Thénaud vit en 1946 avec son fils René ouvrier mécanicien et sa petite famille. En 1955, Yvonne Thenaud mécanique générale a un numéro de téléphone.



En face, côté droit en montant, au 14 rue Thiers, Aglaé veuve Rivet réside avec sa fille dans une belle maison. En pierres avec décors en tuffeau, balcons en fer forgé, fenêtre en toiture, elle peut dater du début du XXème siècle. Mme veuve Rivet paie 400f de cote mobilière et Alexandre Terrien 80f en 1941. Toujours là en 1946. En 1955, Rortais Le Pavec, charpentier et menuisier, a un numéro de téléphone au 14 rue Thiers.
Au 16 rue Thiers, résident Louis et Simone Moreau, marchands de grains, magasin un peu plus haut dans la rue. La façade est plus banale. Louis Moreau fils paie 160f de cote mobilière en 1941 comme marchand de graines fourragères et oléagineuses. Toujours là en 1946.
Au 18 rue Thiers réside Léonard Vauzelle, employé des chemins de fer de l’État en 1936 ; il paie 80f de cote mobilière en 1941. Ils sont là en 1946 avec un pensionnaire. Ce magasin est surtout connu pour les chaussures Naudin Bernard : on venait de loin pour des chaussures sur mesure ; l’adresse est rue Julien Marchais. Dans les années 1990, Mme Naudin était très active dans l’association des commerçants de Pont Rousseau. Recherchons photo du magasin.
Le café du Bon Coin occupe l’angle du 20 rue Thiers et de la rue du Port au Blé, future rue Julien Marchais, haut lieu de la Redonnière ou Erdronnière. Marcel Adriensand y est cafetier avec sa femme Aimée et un domestique en 1936. En 1941, Mme veuve Bodo cabaretière paie 60f de cote mobilière. En 1946, Georges Gendré et sa femme sont gérants de café et leur belle fille est employée de magasin. Le Café Thiers a un numéro de téléphone en 1955.

La Redonnière ou Erdronnière est une annexe qui se développe en direction du Port au Blé.

La place de la Redonnière est reconstituée dès la Restauration ; certaines maisons n’ont pas été détruites à la Révolution. En 1936, 6 ménages occupent cette place de l’Erdronnière : 21 résidents dont 2 employés des chemins de fer de l’Etat, 2 menuisiers dont un au chômage, un électricien au chômage, un mouleur au chômage, un apprenti boucher, une couturière et 2 retraités. Jean Mouchet, des Roussipontins, y résidait.
Les maisons les plus proches sur le chemin du Port au Blé ont 200 ans. En 1934, les 2 hameaux se rejoignent et la rue est dénommée rue de la gare jusqu’aux prairies basses qui jouxtent le Seil. Sur ce long linéaire, en 1936, 22 ménages comptent 98 individus dont 8 employés des chemins de fer de l’Etat, 2 retraités, 2 peintres, 2 employés de commerce, 2 couturières, un tailleur, une brodeuse, une modiste, un employé de bureau, un professeur, un comptable, un étudiant, un manœuvre, un ajusteur, un serrurier, un chaudronnier, une ouvrière, un camionneur, un charpentier, un menuisier, une femme de chambre au chômage, un boulanger, un marchand de fromages et un débitant. Un employé de chemin de fer Tessier paie 160f de cote mobilière et Moineau qui n’est pas résident paie 320f en 1941.
En face de la place de l’Erdronnière, ouvre fin XIXème, la tenue Ganachaud, future rue de l’Erdronnière. En 1936, 10 ménages comptent 50 individus dont 5 retraités, 2 employés des chemins de fer de l’État, un employé chez notaire, un employé des Postes, un employé des Pompes funèbres, un employé, un employé de commerce, une tailleuse, 2 couturières, 2 savonnières chez Biette, un manœuvre, un domestique, un portefaix, un forgeron, un tôlier, un ébardeur à la fonderie Turbel, un chaudronnier au chômage, un plombier, un apprenti ajusteur, un maçon, un bourrelier, un coiffeur, un débitant Cassard au Café de la gare qui en sera séparé par l’avenue de la Libération. Emile Cassard fils sera président du Cercle Saint Paul. En 1941, Francis Boulay paie 280f de cote mobilière ; Emile Cassard 80f.
Côté gauche en montant la rue Thiers, les maisons traditionnelles se succèdent jusqu’au 51, le fameux restaurant Durand.
Au 27 rue Thiers, Julien Richard est marchand de journaux en 1936 ; il paie 30f de cote mobilière en 1941. Marcel et Clémentine assure la même activité en 1946. Edouard Ménard, chauffeur chez Puet, marchand de bestiaux, y réside avec sa famille dont sa sœur ouvrière chez Say.
Au 29 rue Thiers, en 1946, Georges Bouyer est chauffeur avec une famille de 4 personnes et Yves Cadiou est dessinateur avec 5 personnes.
Au 31 rue Thiers, Mathurin Caillon, un employé des chemins de fer de l’Etat en 1936 et 1946 ; il paie 80f de cote mobilière en 1941
au 33 rue Thiers, Arsène Fruchaud, aussi employé des chemins de fer de l’Etat en 1936 et 1946 ; il paie 90f de cote mobilière en 1941.
Au 35 rue Thiers, Joséphine Rio est présente en 1936. Une autre dame Murail est présente en 1946 avec pour voisin, Joseph Leblanc employé municipal et son beau-frère tripier.
Au 37 rue Thiers, dans la maison à 2 étages, recomposée avec des balcons, vivent 3 ménages et 16 résidents dont 2 employés des chemins de fer de l’Etat Marcel Hervé et Louis Droudun, qui paient chacun 80f de cote mobilière en 1941 ; ils sont là en 1946. Un manœuvre à la ville de Nantes paie 60f en 1941 ; un autre manœuvre le remplace en 1946. Une dame dactylo s’y ajoute avec 4 personnes.
Au 39 rue Thiers, dans une maison aux ouvertures décroissantes, logent Bertrand Huet menuisier et son épouse. En 1941, Paul Legonnière paie 80f de cote mobilière. En 1946, Joseph Mercier est employé SNCF et a un fils apprenti ajusteur.
Au 41 rue Thiers, Joseph Peneau est cordonnier. Voir photothèque. Son gendre est charpentier aux chantiers de Bretagne. En 1941, Mme veuve Peneau Aguesse paie 80f de cote mobilière ; elle est seule en 1946. A ses côtés, René Piveteau a une épouse Peneau et 3 enfants ; il est charpentier. L’architecture reprend celle des îles.
Au 43 rue Thiers, Joséphine Hillion vit avec son fils camionneur au Champ de Mars en 1936. En 1946, Henri Brechet est corroyeur et sa femme est cultivatrice.
Au 45 rue Thiers, Louis Becheux est fraiseur au chômage en 1936 et sa femme Marguerite est épicière. Il paie 60f de cote mobilière, et l’épicerie au détail Union vendéenne paie des droits. Au 45 bis, un ménage de 6 et un autre de 4 ; René Hervé est camionneur aux Charbons de l’Ouest et et son fils est manœuvre. En 1946, il est contremaitre. L’épicerie est tenue par Camille et Paulette Fallourd, et la mère est couturière.
Au 47 rue Thiers, Jules Rivallin est retraité des chemins de fer et son fils est électricien. Mme veuve paie 60f de cote mobilière en 1941 et y réside en 1946. Alors, elle voisine avec Aimé Leclercq dessinateur et sa famille.
Le 49 rue Thiers, la maison présente une cour intérieure et héberge 6 ménages en 1936 et 7 en 1946. Une femme seule travaille chez Fonteneau. Une autre loge 4 personnes dont sa fille lingère à l’hôtel restaurant Durand, situé à côté ; en 1946, son fils est mouleur. Jean Legeay est manœuvre au chômage en 1936, pas en 1946 et sa nièce est couturière. Jeanne Chauvin loge 6 personnes dont un fils ouvrier chez Guillouard, charpentier fer, un autre manœuvre au chômage en 1936, pas en 1946, et un autre apprenti boulanger. Théophile Larmoire a une famille de 4 personnes, est manœuvre au chômage, puis perceur et leur fille bonnetière. En 1936, Ferdinand Retière est employé de commerce chez Cassin et son fils est apprenti chez Gaudin, rue Sadi Carnot. Ils paient chacun entre 30f et 50f de cote mobilière. En 1946, Emile Visonneau est manœuvre et Camille Visonneau ouvrier chimiste.
Au 51 Eugénie Sauvaget est épicière en 1936. Elle paie 100f de cote mobilière et des droits pour le commerce en 1941. En 1946, Eugène Douaud est plâtrier avec sa femme et sa fille épicières, un neveu et une servante.


Côté droit en montant la rue Thiers, des maisons anciennes du n°20 au 36, puis des maisons espacées récentes.

Au 22 rue Thiers, en 1946, Alexandre Coullas chauffeur de taxi est avec son épouse ; il paie 80f de cote mobilière en 1941.
Au 24 rue Thiers, Olivier Rijo vit avec sa femme et est ajusteur au chantier de Bretagne en 1936. Joseph Bouyer et Mme veuve Gérard paie chacun 40f de cote mobilière en 1941. Henri Bouyer est chauffeur et a une famille de 3 personnes en 1946. Anne Gérard est ouvrière.
Au 26 rue Thiers, une femme seule est femme de ménage en 1936 et 1946 ; elle verse 40f de cote mobilière en 1941.
Au 28 rue Thiers, un employé des chemins de fer de l’État y vit seul en 1936 et sa veuve paie 40f de cote mobilière en 1941. Constance Mocudé est commerçante avec une domestique en 1946.
Au 30 rue Thiers, Eugéne Brachet, retraité, a une famille de 5 personnes et son fils est tourneur sur métaux en 1936. Mme veuve Brachet paie 100f de cote mobilière en 1941. Roger Brachet, tourneur y vit avec sa petite famille. Son frère Michel, cantonnier, vit avec sa mère et sa grand-mère.
En 1936, 3 ménages résident au 32 rue Thiers. Une famille de 4 personnes où Jean Chabot et son fil s sont employé des chemins de fer de l’État. Noël Goinard vit avec son épouse et est magasinier. Victorine Faure sans profession vit avec 2 autres personnes. 3 autres personnes paient chacune 40 f de cote mobilière en 1941. En 1946, 3 autres ménages : Octave Perraud chauffeur seul. Arsène Mornet, cheminot, avec une petite famille. Jean Passard, aussi cheminot, avec une famille de 6 personnes dont un apprenti serrurier et un mousse.
Au 34 rue Thiers, Joseph Desert est garagiste avec une famille de 7 personnes en 1936 et 1946. En 1941, il paie 160f de cote mobilière pour ce garage. Son fils est apprenti mécanicien et sa sœur employée de commerce.
Au 36 rue Thiers, en 1936, une femme seule côtoie une autre femme seule Jeanne Chesneau avec son frère camionneur chez Joubert. En 1946, Jean Chabot, retraité, y vit avec son épouse ; il paie 70f de cote mobilière, en 1941. Donatien Cheneau est journalier en 1946 et paie 40f en 1941.
Au 38 rue Thiers, Henri Donnio, employé de commerce, vit avec son épouse. Ensuite, l’épicerie sera tenue par Ménard.

Au 40 rue Thiers, Marie Clergeau est commis du Trésor avec une famille de 6 personnes dont Georges Clergeau cordonnier. Joseph Leduc retraité, est leur voisin avec 3 personnes. En 1946, Marie Louise Leduc est seule. A côté, Paul Halloin, ajusteur, vit avec une petite famille.
Au 42 rue Thiers, Jean Perron est employé des chemins de fer de l’État avec une famille de 4 personnes en 1936 ; il paie 50f de cote mobilière en 1941. Joseph Leduc paie 80f de cote mobilière et Doniaud également 80f. En 1946, Jean Perron et son épouse ont 2 locataires.
Au 44 rue Thiers, en 1936, Auguste Bourgeon est aussi employé des chemins de fer de l’Etat avec son épouse. En 1941, il paie 50f de cote mobilière. En 1946, Raymond Fraslin menuisier, a une famille de 4 personnes. L’association Tourisme et Trvail, devenue Tourisme et Loisirs y implante ses bureaux avec Jean-Claude Guilbaudeau.
Au 46 rue Thiers, Eleonore Neveu a une famille de 4 personnes dont 2 fils sont fourreurs, l’un à Nantes et l’autre au chômage. En 1946, Charles Tallendeau, ajusteur SNCF, a une petite famille et paie 80f de cote mobilière en 1941.
Au 48 rue Thiers, en 1936, une maison collée à la belle maison suivante, où Yvonne Plateau est caissière et sa fille est employée de bureau à Nantes. Louis Bouyer comptable, y vit en 1946 avec son épouse et sa fille, secrétaire sociale ; il paie 120f de cote mobilière en 1941.
Les belles maisons bourgeoises centenaires commencent au 48bis et au 53 rue Thiers
Côté gauche, au 53 rue Thiers, l’hôtel restaurant Durand est renommé pour ses crustacés et ses soufflés. Paul Durand est cuisinier en 1936 ; son fils est apprenti pâtissier chez Casalis, rue Sadi Carnot. Il héberge 11 personnes dont 3 cuisiniers. Il possède les 2 bâtiments de part et d’autre de la cour. La belle maison de gauche est numérotée au 53 et sur la carte postale ancienne, une enseigne porte le nom hôtel Renaud. En 1946, Eugène Hervouet est cuisinier, et Suzanne Lagrange née Poussié est gérante de l’hôtel restaurant du Bon Marchand avec son fils Louis Poussié. Ils ont 4 pensionnaires. Eugène Hervouet paie 60f de cote mobilière en 1941. En 1955, l’hôtel du Bon Marchand a un numéro de téléphone. Plus tard, Louis Raynaud développe une entreprise de plomberie chauffagiste ; il joue au foot à l’ASBR. A sa cessation d’activités, des bars à consonance anglaise, organisent des soirées musicales ; outre les insuffisances d’insonorisation, les clients éméchés réveillent tout le quartier. Tout a une fin et le bar est squatté ; la ville s’y oppose. Nous avons pu pénétrer dans la cour à l’abandon.
En 1936, Etienne Lefeuvre artificier chez Ruggieri loge au 53 rue Thiers avec son beau-fils maçon au chômage. Peut-être dans la maison de gauche. Ce recensement est muet sur les 55 et 57. En 1946, au 55, réside Marie Josèphe Durand, toute seule ; elle paie 60f de cote mobilière en 1941. Un huissier Arribe exerce là.
En 1946, au 57 rue Thiers réside Louis Câtel, receveur des postes avec sa petite famille. La Poste a quitté le 12 rue Sadi Carnot avant 1939 ; elle y est expropriée. Elle veut s’implanter sur la nouvelle avenue de la Libération, face au marché. Voir l’article dans le n°89 de Rezé Histoire. Le transfert n’a lieu qu’en 1956. Mme veuve Visonneau paie 120f de cote mobilière en 1941. La subdivision EDF GDF prend la place de la Poste et occupe toute la cour des 55 et 57, avec ses véhicules bleus et ses ateliers et magasins de stockage. Ce service para public quitte les lieux et s’installe à la place du château détruit de la Chaussée.

– points orangés hôtel restaurant au 53 et 50
– points jaune La Poste
– points bleu Électricité et Gaz de France
– points violets marchands de bestiaux
– points verts tenue maraichère Lizé
– points rouges destructions
Les maisons des 55, 57, 59 rue Thiers sont démolis. La SCI St Barth obtient un permis de construire pour 27 logements en R+3 et des bureaux le 2 mai 1994, et le permis de démolir. Cet immeuble vient en façade de la rue de la Commune, avec pendant un temps, l’agence de la SA HLM Loire Atlantique Habitations. En arrière, avec accès sur la nouvelle avenue Louise Michel, s’installe une supérette LIDL de 660 m2 de vente plus boucherie, qui connait un certain succès, jusqu’à son transfert controversé rue de la Haute Ile. De nouveaux immeubles poussent actuellement ruelle des Forges.
Au 59 rue Thiers, Alexandre Gillet vit avec une servante en 1936 et 1946.
Au 61 rue Thiers, 2 logements jumelés dans la belle maison. Henri Gillet marchand de bestiaux y réside avec son épouse en 1936 et 1946. A côté, Joseph Cesbron employé des chemins de fer de l’État y vit avec son épouse en 1936. Camille Huchet, ouvrier traceur a pris le logement en 1946. Gillet négociant en bestiaux a un numéro de téléphone en 1955.
Les maisons suivantes seront détruites par la réalisation de l’avenue Louise Michel.


Côté droit, au 48bis rue Thiers, dans la belle maison du début du XXème siècle, vit Adolphe Constantin, vétérinaire, avec une famille de 6 personnes dont son gendre mécanicien ; Adolphe est le frère de Gustave au 54 rue Thiers. En 1941, Etienne Leroy paie 150f de cote mobilière. En 1946, cette grande maison est occupée par Laure Leroy, sa mère et sa fille, sans profession indiquée. Cette maison sera occupée par le fils Delomeau, expert géomètre puis par le petit-fils Paul Delomeau notaire. A côté, Léon Brethomé est chauffeur avec son épouse. La route vers le bourg de Rezé, le CD65, commence là. Aucune construction dans les parages, tant que l’avenue de la Libération n’est pas venue tout perturber.
En face, L’hôtel restaurant du Cheval Blanc trône sur le carrefour. Cette belle maison bourgeoise du 50 rue Thiers, est occupée en 1936, par Edouard Roisin expert, avec 4 personnes dont sa belle-mère Alexandrine Pouplin hôtelière. En 1946, Marie Guibert est hôtelière, son gendre est laitier ; il hébergent 6 pensionnaires. Elle paie 100f de cote mobilière en 1941. En 1955, l’hôtel du Cheval Blanc a un numéro de téléphone. Plus tard Francis Moriceau et son épouse Marie Anne Constantin exploitent cet hôtel familial.
Au 52 rue Thiers, Auguste Arnaudeau est retraité avec son fils clerc de notaire en 1936, avec sa tante en 1946. Il paie 180f de cote mobilière en 1941.
La belle maison bourgeoise du 54 rue Thiers est la propriété de Gustave Constantin père, frère d’Adolphe, marchand de chevaux. En 1936, 9 personnes y résident et son fils Gustave est palefrenier. En 1946, le père est là avec son épouse, son fils Roger marchand de chevaux, sa fille et une servante. Les écuries et greniers sont derrière la maison. Les frères Constantin ont une grosse activité de négoce de chevaux, notamment pour la traction, et accessoirement pour la viande expédiée, par train, à La Villette: tout est démantelé. Leurs prés sont au Léard, au Château, en bords de Sèvre.
Les maisons suivantes sont détruites par le raccordement de l’avenue de la Libération
Le Conseil Général décide en 1935 de détourner la circulation de la rue Thiers en réalisant l’avenue de la Libération
Les conseillers généraux du Pays de Retz, dont le marquis de Juigné, ne veulent pas être ralenti sur la RN23, la rue Thiers, et veulent passer à côté du carrefour de Pont Rousseau. Sur la base du rapport du baron de Kainlis, le conseil général vote la traverse de Pont Rousseau le 6 avril 1935. Le maire de Rezé Léon Taugeron, radical-socialiste, élu le 12 mai 1935 n’a pas son mot à dire. Le tribunal prononce l’expropriation le 13 octobre 1937 et les indemnisations sont fixées à l’automne 1938. Voir le n°87 des Amis de Rezé, l’article Comment accéder à Nantes en venant du sud.
Auguste Arnaudeau, retraité, au 52 est un peu touché : 1 000f d’indemnisation.
Gustave Constantin, marchand de chevaux, au 54 (point violet) est fortement touché dans ses écuries et grenier ; il reçoit 358 090f ; il paie 240f de cote mobilière en 1941. Ils sont 9 en 1936 avec son fils Gustave palefrenier. Ils sont 5 en 1946.
Au 56 rue Thiers, Ferdinand Goueffic reçoit 50 000f pour la maison et l’épicerie où ils vivent à 3 : partez !
Au 58 rue Thiers, Mme veuve Visonneau 150 000f pour la maison où elle vit seule.
Au 60 rue Thiers, Gustave Constantin fils perçoit 2 500f. Pierre Ringeard chaudronnier aux Batignolles, y vit avec son gendre comptable aux Batignolles et sa fille employées de bureau : cherchez location !
Au 62 rue Thiers Etienne Leroy reçoit 79 000f Il est commerçant en beurre et fromages et vit là avec 5 personnes. En 1946, vit la famille Grandhomme de 4 personnes au n°62 et celle de Gustave Constantin fils au n°64, avec son épouse, 5 enfants et une servante.
Au 64 rue Thiers, Louis Moreau reçoit 266 000f. Ils résident à 2. En location, Henri Puau, magasinier, y vit à 2. Louis Moreau reconstitue la graineterie et ils sont 4 en 1946, au n°66. En 1955, Moreau, grains a un numéro de téléphone. Jusqu’en 1989 où un laboratoire d’analyses y est construit.
Au 66 rue Thiers Henri Hervouet touche 100 000 + 7 600f. Ils y vivent à 3.
Au 68 rue Thiers, Charles Serre 23 752f. Il est marchand de vieux métaux et y vit à 3. En 1946, il réside avec son épouse, un petit neveu ingénieur, une petite nièce et son enfant. Un immeuble prend la place en 1970.

En 1980, la ville de Rezé décide de réaliser l’avenue Louise Michel pour contourner le bas Pont Rousseau : tout est recomposé
En 1978, la ville de Rezé adopte son premier POS, Plan d’Occupation des Sols. Il inscrit un emplacement réservé pour assurer une liaison routière entre la rue Victor Hugo, CD58, et la rue Jean Fraix et même la rue Jean Baptiste Vigier. Le nouveau maire, Jacques Floch, élu en mars 1978, décide de réaliser au plus tôt la liaison de la rue Victor Hugo à la rue Jean Jaurès : l’avenue Louise Michel. L’ordonnance d’expropriation est obtenue le 7 mai 1979 pour 5 propriétaires.


Côté gauche de la rue de la Commune, il faut exproprier Mme Jane Ninaud Visonneau, veuve d’André Chauvet, au 67 rue de la Commune. La parcelle AP 91 d’une superficie de 515 m2 avec une maison qui fait l’angle de la rue Pierre Brossolette est achetée 292 000F le 28 décembre 1979. La maison est louée à MMme Gustave Constantin fils ; ils doivent quitter les lieux et reçoivent 8 000F pour l’éviction et le déménagement. Pas de photo.
Toujours côté gauche, la maison de Charles Lizé, horticulteur, décédé en 1962, au 65 rue Thiers n’est pas nécessaire pour réaliser la voie. En 1955, Charles Lizé a un numéro de téléphone. Seule l’assiette de la future avenue, 2 090m2, est négociée : 115 000F le 5 novembre 1980. Les consorts Lizé pourront continuer à produire des plants horticoles ou pourront vendre pour construire des immeubles. Ils vendront aussi la maison qui sera rasée Voir photothèque.
Côté droit, il faut regarder l’avenue de la Libération et l’inflexion de la rue Victor Hugo ; un délaissé de voirie encadre une maison entourée de rues sur les 3 côtés. Adolphe Constantin y a construit cette maison en 1950, au 70 avenue de la Libération, CP193, avec clôture et jardinet sur 1 953m2. Voir photothèque. Elle devient invivable au milieu de la circulation. La ville l’achète 500 000F en juin 1976. Adolphe Constantin, fils de Gustave, fait valoir qu’il a été obligé de se réinstaller à Machecoul. Cette maison sera occupée dans un premier temps par les offices municipaux : OLE, OMC, OMS, OMJRI. Puis à partir de l’automne 1990, elle a servi de lieu d’information et de réunions pour le tramway. Elle sera détruite en 2000 pour la réalisation du pôle service accompagnant le parking souterrain : fleuriste, commerce, restaurant puis banque.
Côté droit toujours sur l’avenue de la Libération, au 78, à l’angle avec la nouvelle rue Victor Hugo, la ville décide d’acheter la maison de Roger Constatin, pour y loger l’ANPE, sur la demande insistante de l’adjoint Yves MarieL Le 12 septembre 1978, la maison sur 355m2 de terrain est achetée 350 000F. Elle sera utilisée ainsi jusqu’au 20 novembre 1987 ; l’ANPE allant rue Pierre Brossolette. Elle sera démolie en 1990 lors du réaménagement du carrefour lié à la suppression des feux lors de l’arrivée du tramway. Roger Constantin, installé à Villeneuve aux Sorinières, vend d’autres terrains en 1980.

Après la démolition du 78 de l’avenue de la Libération en 1990, des délaissés subsistent. La SEERI de Marc Drouet achète 1 809m2 à la ville de Rezé et à Jérôme Constantin demeurant à Villeneuve aux Sorinières. Il réalise, en 1991, l’Agora, un immeuble de bureaux rdc+4 étages, de 3 831m2 de surface avec une forme de vague qui attire le regard. Derrière, 55 places de stationnement. L’architecte est Pierrick Mazeron. En rez-de-chaussée, s’installe la Caisse d’Épargne et une agence immobilière.
A côté une petite maison familiale se maintient entre ce nouvel immeuble et le laboratoire d’analyse médicale.
Au 66 rue Thiers, en 1936 réside Louis Moreau grainetier. En 1989, la maison et les annexes sont démolis. Le laboratoire d’analyse médicale Tharreau Caudal veut quitter le 60 rue du lieutenant de Monti pour s’implanter à la place de la graineterie sur un terrain de 620 m2. La construction de 457 m2 plafonne à 6m ; elle est face à l’arrêt de bus.

Au 68 rue de la Commune, un petit immeuble est là depuis 1974. Louis Benedetti société Betac, construit sur un terrain de 910 m2, 13 appartements sur R+4; il obtient le permis de construire le 7 juillet 1790, entre la graineterie et le café. Quelques marches à monter.
Récemment, le laboratoire Tharreau Caudal fait partie du même groupe que celui de Joudon Quinton, avenue Louise Michel : un équipement neuf se construit sur cette avenue. Le petit bâtiment de l’avenue de la Libération est détruit ; la maison voisine aussi. Un immeuble opaque monte à R+4+combles. L’agence immobilière Human agrémente en partie la façade ; le reste est grillagé. Cet immeuble est construit par Bati Nantes, avec l’architecte Unité, sur 1 125 m2 de terrain, pour réaliser 27 logements dont 9 logements locatifs sociaux, répartis en 9T2, 7T3, 9T4, 2T5 de surface habitable 1 978 m2, avec 666 m2 de services, 264 m2 de bureaux et 36 stationnements. Il est déclaré conforme en 2023.
A partir du café du 70 rue de la Commune, peu de choses ont changé.
Côté gauche en montant, après l’avenue Louise Michel, un premier immeuble s’impose au 75 rue de la Commune
Au 69 rue Thiers, en 1936, réside Joseph Cosneau, employé des chemins de fer de l’Etat, avec son fils ajusteur, sa fille sténodactylo. En 1946, résident Yvonne Bossy, aide comptable, avec sa fille sténodactylo, son fils étudiant et sa sœur. La famille Rossy paie 120f de cote mobilière en 1941.
Au 71 rue Thiers réside, en 1936, Eugène Charriau retraité des chemins de fer avec son épouse. Mme Charriau veuve paie 80f de cote mobilière en 1941. En 1946, Edmond Papon menuisier, a une famille de 4 personnes dont son fils cuisinier.
Au 73 rue Thiers, Francis Heurtin est mécanicien avec un petit ménage, en 1936 et 1946. Son épouse est commerçante. Il paie 60f de cote mobilière en 1941. En 1961, la famille Papon Mesnil, implantée rue Dos d’Âne, obtient un permis de construire pour la construction de logecos, 15 logements, et d’un commerce de cycles. Ce dernier est exploité par Cassard. Les 17 garages sont déportés rue de l’Erdronnière. Des voisins de la rue Pierre Brossolette, André Thobie et Robert Chassagne, protestent.
Au 75 rue Thiers, en 1936, la très belle maison est occupée par la fille d’Alfred Joubert, père, épicier en gros, rue Alsace Lorraine. Il paie 600f de cote mobilière en 1941. Plus tard le propriétaire est Legrand ; est-il pharmacien ? La société immobilière Duquesne est autorisée à construire 27 logements de surface 2 407 m2 et un local professionnel de 118 m2 sur un terrain de 1 437 m2. La hauteur, 18 à l’égout ou 25m, pose problème aux voisins ; un avocat Bascoulergue intente un recours. La perte d’arbres est aussi plaidée. Le tribunal administratif rejette la requête en mars 1992. La pharmacienne Plaëte exige un stationnement spécifique pour son commerce. La conformité est reconnue en 1993.

Côté droit en montant, du café au 70 à la boulangerie au 106, peu d’évolutions en 70 ans.

Au 70 rue Thiers, en 1936, résident 8 personnes dont Alfred Darlot et Marie Vilanie marchands de chiffons ; il paie 200f de cote mobilière. En 1946, André Aubin est cafetier et sa femme débitante ; il paie quelques droits en 1941. En 1955, le Café central a un numéro de téléphone.
Au 70 bis, Octave Partron vit seul en 1936. En 1941, Octave Patron fils paie 80f de cote mobilière. En 1946, Léontine Portron y réside avec sa fille apprentie couturière.
L’Association Syndicale de Reconstruction et de construction de Nantes Rural obtient un permis de construire au 70ter rue Thiers, le 12 mai 1959, pour construire une dizaine de logements en R+4 et 17 garages. L’architecte est Louis Teffaud. Il est construit avec les dommages de guerre. L’immeuble mériterait une réhabilitation.
Au 72 rue Thiers, réside Joseph Nigoul retraité, et son épouse en 1936 et 1946 ; il paie 90f de cote mobilière en 1941. Derrière les arbustes qui cachent la façade, regardez la porte et l’inscription 1931. Quelques traces d’art déco ! Voir photothèque.
Au 74 rue Thiers, Marcel Pelloquet est tôlier avec une petite famille en 1936 et 1946 ; son fils est alors étudiant. A ses côtés en 1936, vit Joseph Pelloquet sans profession, lequel paie 160f de cote mobilière en 1941, et en 1946 Augustine Pelloquet toute seule. En 1955, Marcel Pelloquet, tôlerie automobile a un numéro de téléphone. Remarquez la belle façade d’inspiration art déco, avant-guerre de 14. Depuis, Raynaud a continué le métier avant de s’installer dans la zone Atout Sud.
Au 76 rue Thiers, en 1936, Georges Allaire est représentant de commerce avec une petite famille. En 1946, y vivent 4 ménages : Marie-Françoise Lebail seule ; sa soeur Jeanne Marie Jaffrenou couturière seule ; une tricoteuse Rouffet seule ; 4 personnes dont Paul Brachet avec sa fille et sa belle-mère. Paul Brachet paie 80f de cote mobilière en 1941 et Jacques Longville aussi 80f.

Au 78 rue Thiers, vivent 3 ménages en 1936 : Louis Bayon toucheur de bestiaux avec sa petite famille ; Alexandre Bedoys manœuvre au chômage et son épouse Marie employée à l’hôtel Durand ; Auguste Guillard manœuvre au chômage dans une famille de 6 dont ses fils mouleur et menuisier. Louis Bayon paie 20f de cote mobilière en 1941 et il est toujours là en 1946. Paient une cote mobilière en 1941 : Pierre Guillard 20f et Jean Château 60f.
Au 80 rue Thiers, en 1936, Marcel Josset est plâtrier et son épouse Juliette est employée de commerce chez Foulonneau ; il paie 20f de cote mobilière en 1941. M Duigou paie aussi 60f de cote mobilière. En 1946, Jules Fabre ingénieur y vit avec sa femme et sa belle-mère.
Au 80bis rue Thiers, Théophile Pouzet employé des chemins de fer de l’Etat y vit avec son épouse et son fils peintre en 1936 et 1946. Il paie 100f de cote mobilière
Au 82 rue Thiers, Léon Meignen est patron mécanicien avec son épouse en 1936 et 1946, dans cette belle maison traditionnelle. Il paie 200f de cote mobilière en 1941.
Au 84 rue Thiers, en 1946, Mme Malidain ouvrière, vit avec son fils traceur. Elle a pour voisin, André Giraudeau contremaitre menuisier avec 5 personnes ; il paie 40f de cote mobilière en 1941.
Au 86 rue de la Commune de 1871, des maisons récentes. A partir de cette adresse, les recensements de 1936 et 1946, citent des familles sur la rue Thiers prolongée, sans numéro correspondant à la numérotation actuelle. Le registre des contributions mobilières et taxes d’habitation indique rue Thiers prolongée. Difficile d’être précis.
Au 106 rue de la Commune de 1871, la boulangerie à l’angle arrondi de la rue de Legé. Le registre des contributions mobilières inscrit rue Thiers prolongée Anatole Brondy boulanger 80f en 1941. Après avoir été exproprié du 6 rue Thiers est-il venu au 106 ? Il est le seul boulanger recensé sur cette section.
Côté gauche en montant, l’immeuble des Naturalisations voulu par Jacques Floch écrase toutes les maisons traditionnelles.
Au 77 rue Thiers, Louis Brémont est retraité des chemins de fer avec son épouse en 1936.
Au 79 rue Thiers, Gaston Fievit manœuvre, vit avec son épouse en 1946 ; il paie 160f de cote mobilière en 1941. A leurs côtés, Marie Tallé vit seule.
Au 81 rue Thiers, Louis Hervé retraité vit avec sa famille de 4 personnes en 1936. En 1941, Louis Hervé paie 80f de cote mobilière. Dix ans plus tard, Marguerite Hervé y vit avec sa sœur Madeleine.
Au 81bis rue Thiers, André Hervé ajusteur chez Sudry, vit avec sa famille de 4 personnes en 1936 ; ils ne sont plus que 3 en 1946. En 1941, André Hervé paie 60f et Emile Ganachaud 50f de cote mobilière. Paul Brault modeleur sur bois y vit avec sa petite famille en 1946.
Au 83 rue Thiers, Donatien Chagneau employé des chemins de fer de l’Etat, vit avec une famille de 5 en 1936, de 3 en 1946. Sa fille est alors comptable. Il paie 40f de cote mobilière en 1941.
Au 85 rue Thiers, Elie Crochet est retraité avec sa petite famille en 1936. Il paie 80f de cote mobilière en 1941, mais il n’est plus là en 1946 ; son épouse Marie et sa fille Pauline couturière y résident.
Au 87 rue Thiers, Charles Pignard retraité de la marine marchande y vit avec son épouse en 1936. Il paie 80f de cote mobilière en 1941. Célestine Le Moguer et sa fille Denise manutentionnaire y résident en 1946.
Au 89 rue Thiers, Jean Menoret employé des chemins de fer de l’Etat a une famille de 7 personnes en 1936. Deux ménages en 1946 : Jean Cossard employé de commerce et sa petite famille ; Marie Frehel avec son fils employé des postes et sa fille employée de bureau. En 1941, Jean Cassard paie 60f et Mme Raingeard 20f de cote mobilière.
Au 91 rue Thiers, Ernest Bachelier employé des chemins de fer de l’État y vit avec sa petite famille en 1936 et 1946 ; sa fille est comptable en 1946. Il paie 60f de cote mobilière en 1941.
Au 93 rue Thiers, François Landreau est aussi employé des chemins de fer de l’État en 1936 et 1946. Outre son épouse, sa belle-mère s’ajoute en 1946. Il paie 80f de cote mobilière en 1941.

Sur cette séquence, beaucoup de cheminots ou de retraités ; de petites familles dont des veuves ou femmes seules. Les maisons sont de style loi Loucheur et datent de 1930 à 1935 ; elles sont souvent basses, rarement avec un étage plein.
Au 93bis, derrière une clôture et de grands arbres, se cache une maison imposante, dont nous n’avons aucune photo. Elle est occupée par Alfred Joubert épicier en gros. Né en 1895, il est le fils d’Alfred Joubert propriétaire du 75 rue Thiers, aussi belle propriété. Ils sont 5 en 1936 et 7 en 1946, dont 3 fils employés d’épicerie, une fille et un fils plus jeune. Alfred Joubert fils paie 800f de cote mobilière en 1941. Un anesthésiste Fertil, de la clinique Saint Paul, l’a ensuite occupé. Cette belle propriété est convoitée par divers promoteurs, y compris des bailleurs sociaux, dont Atlantique Logement.
En 1978, Jacques Floch est élu maire et suppléant du député François Autain. Celui-ci devient secrétaire d’Etat en mai 1981 du gouvernement Mauroy. Jacques Floch député, rencontre d’autres maires de ville de banlieue : il crée Villes et Banlieue en décembre 1983. Jacques Floch a de l’ambition pour Rezé : il veut des classes prépas, des formations d’enseignement supérieur, des services déconcentrés de l’État … L’État veut déconcentrer la sous-direction du service des Naturalisations à Nantes, où se situent déjà des annexes du Ministère des Affaires Étrangères. En ces temps, le maire de Nantes, Michel Chauty, ne fait pas fonctionner le SIMAN : il propose 6 sites sur la ville de Nantes. Alors, 9 autres communes de l’agglomération proposent des sites en janvier 1984, dont Rezé qui en a recensé 5 à Pont Rousseau. Jacques Floch joue des coudes, sur Nantes et au gouvernement : Georgina Dufoix choisit Rezé, au 93bis rue de la Commune, le 27 juillet 1984. Diatkine, du cabinet Athena, sera l’architecte. L’État ne veut pas être propriétaire : ce sera l’UAP. Les fonctionnaires décentralisés viennent visiter Rezé, Nantes pour se réinstaller. La SEMI, pilotée par M Loew de la SACI, accompagne toutes les tractations.
Jacques Floch signe un premier permis de construire le 29 octobre 1985 ; Gilles Retière signe les suivants. La surface du terrain 3 709m2 est insuffisante pour accueillir 73 stationnements. La ville achète le terrain derrière et la petite maison qui permet le débouché sur la rue Francis Le Carval. La surface utilisable est de 5 574m2. Les travaux commencent le 10 mars 1986. Des riverains dont M Potiron contestent le permis sur les stationnements et son débouché : le Tribunal Administratif les déboute le 16 octobre 1986. Les travaux sont achevés le 23 juin 1987. Philippe Seguin vient inaugurer et Jacques Floch lui présente son nouveau directeur de SEM, Guy Morin. Martine Aubry viendra également visiter le service. Voir la photothèque sur Jacques Floch.
Le bâtiment est imposant ; le style ostentatoire, sans respect pour les maisons voisines. Le service a du volume pour stocker des archives. Peu de visiteurs, mais parfois des queues à 9h du matin. Un autocar spécial conduit tous les midis, les employés au restaurant des fonctionnaires dans l’Ile de Nantes. Les grands arbres ont disparu et l’ombre portée peut être importante. La sous-direction des Nationalisations vient de déménager ; le bâtiment se vide. D’autres immeubles vont suivre au 103, et 105.
Au 95 rue Thiers, Marie Chabut vit seule en 1946. Elle paie 160f de cote mobilière en 1941.
Au 97 rue Thiers, en 1936, Pierre Gautier employé des chemins de fer de l’État a une famille de 6 personnes dont un fils apprenti électricien. Ils ne sont plus que 3 en 1946 avec un fils ajusteur, et lui est retraité. Sa fille Jeanne Gourmelen née Gautier est employée de mairie et vit à côté avec sa fille. Pierre Gautier paie 100f de cote mobilière en 1941.
Au 99 rue Thiers, en 1936, Auguste Marchetaux retraité a une famille de 5 personnes dont un fils manœuvre chez Biette et une fille couturière chez Fonteneau. Ils sont 3 en 1946 avec un petit fils en 1946. Alors, son fils Marcel ajusteur vit à côté avec sa petite famille. Auguste Marcheteau paie 80f de cote mobilière en 1941.
Au 101 rue Thiers, Pierre Cubaynes est retraité avec son épouse en 1936. Elle est seule en 1946. Il paie 80f de cote mobilière en 1941. Ces 4 maisons à 1 étage plus comble ont de l’allure ; elles datent du début XXème siècle. Un petit passage conduit à 2 maisons en second rideau.
Au 103 rue Thiers, Julien Meignen sans profession vit seul en 1936. Albert Floch retraité y vit avec sa petite famille et son fils ajusteur en 1946. A ses côtés, Henri Robin artisan mécanicien et son épouse. En 1941, Albert Floch paie 60f et Julien Meignen 50f de cote mobilière. La SA Construction Ouest Habitat achète le terrain à Raymond Floch. L’architecte Yves Gandronneau glisse 14 logements en prêts conventionnés d’une surface habitable de 1 120m2 sur un terrain de 1 122m2 en 2003. La façade rappelle certains traits d’architecture des maisons centenaires.
Au 105 rue Thiers, Loran Grippay nous ressort une maison du début du siècle dénommé K Alisyer. Ele a été remplacée par une maison vers 1920. En 1936, résident 3 ménages : Paul Aubigny et son épouse ; Etienne Pradem employé des chemins de fer de l’État dans une famille de 4 personnes ; Marcel Briand aussi, employé des chemins de fer de l’État et une petite famille. En 1946, Paul Mainguy retraité y vit avec son épouse ; il paie 200f de cote mobilière en 1941. Loran Grippay y a résidé ultérieurement.
A l’angle de la rue Francis Le Carval, une épicerie a fonctionné. Ces derniers temps, résidaient Henri et Nour, d’origine malgache, qui ont beaucoup œuvré dans l’association Le Lémurien, pour développer diverses formes de coopération avec Madagadascar. Un nouvel immeuble est en construction depuis février 2025, par la société Amadeus Promotion et les architectes ACDM de Vertou sur un terrain de 1 009 m2 pour 24 logements dont 8 sociaux de 1 499 m2 de surface de plancher, et 24 stationnements ; attendons la façade.
Absence de recensement en 1936 et 1946, à partir de la rue Le Carval à gauche, et de la sente vers la rue de Legé à droite.

Le recensement de 1936 s’arrête aux n° 82 et 105. Au-delà il cite 12 familles sans n° attribué. Le recensement de 1946 s’arrête aux n° 84 et 105, les cotes mobilières également. Au-delà, il cite 17 familles sans n° et 12 familles sur une rue Thiers prolongée. Ce dernier liste des familles rue Victor Fortun, dont Fonteneau. A clarifier
Au 107 et 109 rue Thiers, pas de recensement repéré.
Le 111 rue Thiers peut correspondre 113-131 de 1936. Joseph Bille y vit avec son épouse et 2 fils Jean et David, forgerons comme lui. En 1946, au n°5 Joseph Bille vit avec son épouse et est toujours forgeron. A ses côtés, Jean Bille a une famille de 6 personnes et est forgeron ; il paie 80f de cote mobilière en 1941. La famille Bille a longtemps occupé cette maison. Elle a des éléments d’encadrement de fenêtre qui rappelle l’art déco.


A partir du 84 rue de la commune des maisons récentes des 86, 88, 90 n’existaient pas en 1936. Les maisons du 92 et 94 existent en 1936 ; les suivantes pourraient l’être également. Le 104 rue la Commune était une annexe de la boulangerie.
La boulangerie ronde est à l’angle des rues de Legé et de la Commune. Le train de Legé passe jusqu’en 1935. Le recensement de cette date ne cite aucun boulanger. Anatole Brondy qui tenait la boulangerie du 4 rue Thiers en 1936, paie 80f de cote mobilière en 1941 sur la rue Thiers prolongée. Le recensement de 1946 cite au n°12 Marie Brondy née Maidon en 1893 ; elle est patronne boulangère avec sa fille aide familiale, son fils boulanger et un employé boulanger.
Le recensement de 1946 cite les familles Roy, Tallendeau, Métaireau, Gaborieau, entre autres qui sont aussi listées en 1936 rue Thiers sans numéro. A éclaircir ! Par ailleurs, le recensement de 1946 liste les résidents de la rue Victor Fortin, ex RN 23.
La rue de la Commune de Paris de 1871, ex rue Thiers, arrive sur la place de la Renaissance où rien ne bouge avant 1960.

La place de la Renaissance, ainsi dénommée en 1961, conduit en son centre au château de la Chalonnière des de Monti de Rezé. Jusqu’en 1960, le château est entouré d’un domaine agricole, exploité par des métayers, et des marchands de bestiaux, bordé au nord par la rue du lieutenant de Monti allant à Mauperthuis, et au sud-ouest par la RN 23, rue Victor Fortin, conduisant à Machecoul, Pornic et Paimboeuf. Au sud, les travaux de construction des maisons de castors de la Balinière commencent. La trace de la ligne du chemin de fer de Legé est très visible ; l’exploitation a cessé en 1935. Vers l’église Saint Paul et la Carterie, les prairies Terrien se maintiendront longtemps.




