Le stand de tir de la Ragonnaise de 1906 à 1911

Le 4 mars 1906

La société de tir est constitué de 12 hommes:

Francis Lefeuvre, François Gar-Marillet, Georges Voileau, Jean Treilhaud, Jean-Baptiste Guillon, Ferdinand Binet, Alexandre Chénard, Eugène Ertaud, Henri Artaud, Jean-Marie Nerrière, Fernand Guiberteau, Francis (ou Louis) Lévêque

la plupart de Ragon, mais aussi de La Chaussée ou du Chêne Creux,

qui conviennent

document de la Ragonnaise déposé aux Archives Municipales ®A.M.Rezé

article 1: chacun verse un cautionnement de 20 francs pour achat et location de matériel ainsi que pour les prix qui seront distribués le 24 mai

article 2: tout sociétaire qui désire se retirer avant le 24 mai prochain abandonne à la société son cautionnement

article 3: tout sociétaire voulant se retirer après le 24 mai 1906 n’aura pas le droit de reprendre son cautionnement à moins de dissolution complète de la société

article 4: toute décision ne pourra être prise à moins des 2/3 des membres présents

article 5: il sera versé à chaque homme 0,50 franc pour chaque demie journée de garde

article 6: celui qui ne tient pas son tour de garde ou ne se fait pas remplacer, devra payer une amende de 2 francs

Ainsi démarre la société de tir de la Ragonnaise. D’autres sociétés existent peut-être sur Rezé; à rechercher. De nombreuses sociétés existent en France.

L’ambiance nationale est à la promotion de la gymnastique et du tir

Les gouvernements républicains et les parlementaires soutiennent les activités de marche, gymnastique, topographie et de tir, pour les jeunes hommes. Un décret du 27 juillet 1882 impose la pratique du tir à courte distance dans l’enseignement scolaire des garçons; Clémenceau le renforce en 1906. le Ministère de la Guerre accompagne d’aides et de subventions. En 1914, on compte entre 7 500 et 9 000 associations de tir, de gymnastique et de préparation militaire, soutenues par de puissantes fédérations USCF, USTF, USPMF, FGSPF.

Rien ne permet de relier la Ragonnaise à ce mouvement: ni adhésion, ni subvention, ni relation avec l’école de Pont Rousseau

Le stand est installé à La Carrée à partir de la forge

Le carrefour de la Carrée est au delà des groupes d’hommes ®A.M.Rezé

Le stand de tir est installé à La Carrée, près du café Voileau. Les tireurs se placent dans la forge pour tirer sur des cartons fixés dans le jardin, en direction du sud. La garde est assurée par 2 sociétaires pour chaque demie journée.

En mars 1906, le président est Francis Lefeuvre, le secrétaire François Gar-Marillet et le trésorier Georges Voileau

Les dépenses s’alignent dès le 14 mars: affiches, timbres … La plus grosse facture est monsieur Aubron 98 francs, puis 17 francs pour munitions et louage de carabines; et à l’automne 40+84+12francs. Les 54 francs réglés à Lebas Villequin ne sont pas explicités. Ils dépenses 126,70 f dans une tournée, un gueuleton, soit un total de 1 126,65 francs à la fin juin 1906

Les 12 sociétaires contribuent pour 240 francs le 4 mars et en sont remboursés en juin. Le livre de compte trace les recettes de la journée : 44,25 f le 18 mars; 64,50 f le 25 mars; 69 f le 1 avril, 79,25 f le 30 mars, jour de la foire; et ainsi de suite dimanche après dimanche. Au 24 mai, ils ont encaissé 1 346,40 f.

Que vendent ils ? Des cartons. De quoi se désaltérer. Rien n’est dit. Souvent le bar fonctionne bien, mais à côté, le café Voileau est intéressé.

Quelle affluence ont-ils ? Les recettes sont conséquentes.

Ils paient 3,75 francs pour 500 balles à M Lévêque

Ils achètent des lots. Quels sont les gagnants ?

Ils organisent un deuxième concours entre le 2 septembre et le 7 octobre; la recette est moindre. Ils paient 110f à Francis Gar-Marillet pour sans doute une charpente. Ils achètent une carabine chez Aubron 40 f et d’autres pour 17+98f. Ils se paient un repas 45,50 f le 7 octobre. Ils finissent l’année avec 274 f en caisse.

En 1907 et 1908, la société continue son activité.

Le président est-il Francis Lefeuvre ou Lévêque ? Un secrétaire adjoint apparait Alexandre Chénard.®A.M.Rezé

Le 16 février 1907 ils ont 170 f en caisse. Ils acceptent de nouveaux sociétaires présentés par 2 membres et acceptés par les 2/3 s’ils versent 15 f.

Le concours commence le dimanche 3 mars, de 8h à 18h jusqu’au 9 mai, jeudi de l’Ascension. Plus le jour de la foire du 30 mars. La balle d’honneur sera tirée le 9 mai à 18h. Les prix sont exposés dans le café Voileau à côté. Un deuxième concours commence le 18 août et s’achève le 5 octobre.

Il est indiqué que le stand de tir se trouve à 200m de l’arrêt dit du Chêne Creux du petit train de Legé. Arrêt qui se trouve sur la rue de la Butte Praud actuelle.

Il est étonnant qu’ils se situent à Ragon, près de Pont Rousseau.

Sur le concours du printemps 1907 ils encaissent 1 129,75 f. Ils paient 147,25 à Aubron pour les armes et munitions. Le 19 mai, ils se paient une tournée à 110,55 f. Avec 286,75 f en poche le 10 août, ils engagent le deuxième concours, se paient un diner de 50,80 f le 12 octobre, et terminent l’année 1907 avec 276 f. Prêt à continuer.

Fernand Guiberteau a le 7ème prix en 1907 ®M.Orseau
Fernand Guiberteau a un diplôme d’honneur en 1908 ®M.Orseau

Les diplômes remis affichent la République Française et en 1908 glissent Honneur et Patrie avec une iconographie plus militaire.

Un concours est lancé au printemps 1908 par le président François Gar-Marillet et le secrétaire F. Artaud : il comporte 2 séries. La 2ème série est destinée aux Dames et aux jeunes de 12 à 17 ans. Il est doté de 400 francs répartis en 30 prix. Il commence le 1 mars et s’achève le jour de l’Ascension 28 mai, avec bien sûr l’ouverture le 30 mars, jour de la foire. Ils paient 78,85 f puis 80 f à Aubron pour armes et munitions, achètent une carabine à Guiberteau. Une facture Decré concerne peut être des lots. Le 28 mai, ils versent 20 f au comité d’organisation des caillebottes et 20 f au comité de bienfaisance de la mairie. En retour la ville leur attribue une allocation de 25 f: merci Monsieur le maire Sauvestre, qui habite à La Carrée. Le 28 juin ils déboursent 130 f dans une tournée à Sucé plus 50 f de voitures. Il leur reste 1 089, 25 – 801,35 = 287,90 f.

Un deuxième concours est lancé par les mêmes en août 1908: du 2 août au 4 octobre. Il est doté de 140 francs et attribue 40f au 1er, 30f au 2ème, 20f au 3ème, 15f au 4ème, 10f au 5ème et 5 lots de 5 f pour les 5 suivants. Ils versent 10 f au premier coureur du Tour de France qui est passé devant chez eux. Ils paient 34 f un banquet chez Voileau. La cagnotte est de 327,95 f au 24 octobre 1908.

Les sociétaires partagent un bon repas une fois par an

28 juin 1908 ®A.M.Rezé
20 juin 1909 ®A.M.Rezé
26 juin 1910 ®A.M.Rezé

Combien sont-ils pour ces agapes ? 60 en 1908, 45 en 1910 Entrées, 3 plats, soit 1 poisson et 2 viandes, soit 1 poisson, de l’anguille et 1 viande, desserts, vins et digestifs sans excès. Leurs successeurs en 1932 ajouteront un plat supplémentaire

En 1910, ils sont 34 membres honoraires ayant payé une cotisation

Le concours commence le 28 février et s’achève le 20 mai. Ils distribuent 175 f en espèces. Ils sont 60 au banquet et paient 195 f plus 106 f de voitures et 3 f de pourboires pour les cochers. Le solde est 1 360,60 – 861,95 = 498,65 f. Le deuxième concours commence le 22 août et s’achève le 3 octobre. Ils achètent une carabine 80 f. Ils s’offrent un banquet 41 f Le 3 octobre et il leur reste 411,65 f.

Dans son 2ème livre de cartes postales, Yann Vince publie cette photo. Le concours de tir a t il été repris en 1920 ? Est-elle de 1920 ou de 1910 ? Je ne reconnais pas les maisons de la Carrée. Est-ce Ragon ? Est-ce le passage du Tour de France ?

Le 24 février 1911, les sociétaires prononcent la dissolution. Pourtant, tout fonctionnait bien. Quel évènement a enclenché cette disparition?

Je n’ai que le cahier de comptes. Il reste 441,80 f à distribuer. Les 15 sociétaires s’attribuent 20 f chacun. Ils partagent un repas pour 100 f et de distribuent tabac et cigares. La liquidation s’étale du 6 mars au 25 mai 1911

Je ne retrouve plus les renseignements suivants. Les armes Martini sont neuves et sont offertes à Rezé. Les 2 autres sont remises à Pont Rousseau: est-ce Saint Paul?

Y a t il une autre activité pour la Ragonnaise? Qui pilote la fête des caillebottes? L’amicale est reconstituée le 16 janvier 1932