Au hasard des escales dans les ports, les noms portés par les navires marchands peuvent faire rêver, sourire ou voyager. Pour notre sujet, nous ne découvrirons pas de contrées exotiques, mais nous embarquons à bord du Rezé ! De nombreux cargos, pétroliers ou paquebots français se sont vu attribuer des patronymes de villes de l’hexagone. Mais un seul navire de mer a porté le nom de notre commune.
Lors d’un passage rue de La Basse-Ile, dans le quartier de Trentemoult les Isles, vous aurez remarqué quelques changements. En effet, depuis juillet 2022, de nouveaux aménagements ont apporté une respiration au secteur de la Cale Aubin (entre les N° 110 et 112). La mise en place de deux jardins sur les bords de Loire permettent à présent une ouverture sur le fleuve et représentent la « première pierre » du projet Pirmil/Les Isles, et préfigurent le futur parc fluvial. Pour faire le lien avec notre sujet, Parallèlement à ce retour à la Loire, la réalisation d’une grande fresque peinte sur l’unique bâtiment de la Cale Aubin, ne passe pas inaperçue … Il s’agit d’une commande passée aux artistes Korsé, Pedro et Wade (100 Pression) par l’association Un Cargo pour les Isles. Les objectifs de cette dernière reposent sur la communication et la création en lien au monde maritime.
Les artistes ont brossé le portrait du cargo Rezé sur le centre de la fresque, avec deux sites emblématiques de la ville ; un détail de Trentemoult et la Cité Radieuse, de Le Corbusier.

La vie d’un navire
Comme tous les navires de « La Nantaise », le Rezé va être enregistré au quartier maritime de Nantes. Ses couleurs de coque ne varieront peu, en adoptant alors le gris clair, les mâts et cornes de charge ocre jaune et la ligne de flottaison brun-rouge. Le Rezé va alors assurer des trafics de marchandises diverses au cabotage international, entre la Baltique, l’Atlantique et la Méditerranée, et au cabotage national entre différents ports de l’hexagone.
En 1975, il quitte la flotte de la SNCO pour prendre les couleurs du Panama et le nom de Minorca. Sans changer de pavillon., il devient l’Amanda I, en 1978, pour le compte -là aussi-, d’armateurs non définis. Nouveau changement d’identité en 1983 ; il devient le Libanais Medawar I. Dès lors, l’ex Rezé va se limiter à des navigations en Méditerranée et en Mer Rouge. Son armateur libanais va successivement le transférer sous le pavillon du Honduras, puis du Belize, sans modifier son nom.
En septembre 1996, le Medawar I est victime d’un incendie en Mer Rouge, et abandonné par son équipage. Remorqué en Grèce, à Lorium, il rejoint finalement le port roumain de Constanta (Constantza), pour visiblement des réparations. Jugé trop endommagé, le navire est laissé à l’abandon en Roumanie. Ce n’est qu’en octobre 2000, que des ferrailleurs locaux commencent sa démolition
Après trente-cinq ans de bourlingue et d’aventures, cinq noms, six pavillons, ainsi s’achève la vie d’un petit cargo de 74 mètres.
Extrait de l’article d’Edmond Bertreux-Guibert dans la revue no 93
Sources : Lloyd’s Register, Worldshipsociety.ord, Marine-marchande.net, Miramar Ship, Shipspotting.com, Patrick Ertaud

